L’Économie iranienne : une résilience déterminante dans la longévité du régime des mollahs

Décembre 2025 par Mathilde Arnould Boutin

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Représentant la 17ème population la plus élevée au monde, l’Iran revêt une importance géopolitique, non seulement grâce à son positionnement géographique, mais aussi grâce à la force de sa main-d'œuvre.

Durant les quatre décennies qui ont suivi la révolution, l’Iran a subi de multiples sanctions économiques, une guerre directe extrêmement coûteuse face à l'Irak, et plusieurs guerres qu’elle a subventionné. Malgré cela, elle continue de maintenir sa résilience économique et sociétale. Et ce, au prix de dépendance à la production d'hydrocarbures. En retraçant les grandes phases de l’évolution économique de l’Iran, il devient possible d’évaluer de quelle manière le régime islamique a su rester au pouvoir et traversé des pressions constantes du monde externe grâce à son économie persévérante.

 Malgré les pressions mentionnées, l’économie iranienne a fait preuve d’une résilience au cours du temps, grâce à ses hydrocarbures, ses institutions économiques, et à sa capacité de persister. De l'adaptation à travers l'autarcie, à l’adaptation avec la diversification des partenaires commerciaux, la trajectoire de l’économie iranienne est-elle entravée véritablement par les sanctions qui empêcheraient la bonne réalisation de son potentiel économique ? Pour proposer une réponse à cette question, cet article analysera chronologiquement l'évolution économique de l'Iran depuis l’aube du régime islamique en 1979.

Pour commencer, le choc de la révolution de 1979 a profondément marqué les fondations économiques du pays, avec la chute de la famille Pahlavi (dont le Shah) et la montée au pouvoir du régime islamique, entraînant une chute drastique de la production pétrolière. Celle-ci découle principalement de la rupture des relations anglo-iraniennes et irano-étasuniennes, les partenaires principaux du régime Pahlavi, entraînant une diminution immense de la capacité de production et d’exportation d’hydrocarbures (Maloney, 2015). D’autant plus, en 1980, l’Iran rentre en guerre avec l’Irak, faisant chuter le PIB réel1 du pays, à cause des dépenses militaires et de l'arrêt des relations pétrolières. Et ce durant 8 années, durant lesquelles l'Iran s'est endetté pour financer ses efforts militaires. Par conséquent, l'Iran et son régime islamique furent menacés par des dépenses astronomiques. En l'absence d'accords pétroliers pour augmenter son PIB et moderniser ses infrastructures (en grande partie détruites par la guerre face à l'Irak), le pays n'a donc pas les éléments nécessaires pour développer une économie forte.

 L’impact économique de la guerre sur l’Iran peut être examiné à travers les statistiques du World Bank Group, qui démontrent que, durant la première année de guerre, le PIB iranien fut réduit de 21,6%. De plus, le pays ne connut une croissance positive que durant trois ans, de 1982 à 1984.

 Ainsi, entre 1979 et 1988, fin de la guerre Iran-Irak, on enregistre une baisse du PIB de 37 milliard de dollars. L'Iran doit donc entrer dans une période de reconstruction, caractérisée par des infrastructures et une capacité industrielle profondément endommagées, ainsi qu'un déséquilibre complet des finances publiques, et un manque cruel de capacités constructives : une situation peu idyllique pour commencer les années 1990.

 Sous la présidence de Hachemi Rafsandjani, de 1988 à 1997, l’Iran tente plusieurs réformes économiques modestement libérales, notamment à travers l’ouverture de l’économie au monde international, visant à attirer plus d’investissements étrangers. Malgré ces efforts, l’État a conservé un rôle central dans les industries les plus importantes, notamment celle des hydrocarbures. L'efficacité des réformes est cependant amoindrie par l’immobilité des entreprises, connue sous le nom de bonyads, et par le ministère du pétrole ; qui ont fortement résisté à l'implémentation des réformes. Les bonyadssont des entreprises fondées par l'État durant l’établissement du régime islamique et de la guerre Iran-Irak. Elles fonctionnent dans un système para-étatique, ses dirigeants étant nommés directement par le Guide Suprême de la Révolution, l’homme le plus puissant d’Iran. Les bonyads sont intégrés dans un système avec les forces armées de l’Iran, incluant les Gardiens de la Révolution (IRGC). Celles-cii ont pour fonction d'entretenir l'esprit révolutionnaire et islamiste dans l'économie iranienne. Comme elles fonctionnent comme organes para-étatiques, sous le contrôle direct du Guide Suprême, elles restent immobiles aux réformes imposées par les présidents iraniens, imperméables donc à la modernisation de l'économie. D’autant plus, le résultat des réformes est limité par une industrie des hydrocarbures que le gouvernement refuse de partager.

Entre 1987 et 1997, la population croît de 10 millions d'habitants, soit de plus d'un cinquième. En conséquence, la population iranienne s'est rajeunie, un atout dont le pays n'a pas su bénéficier. Depuis les années 1960, le secteur d’agriculture iranien à souffert, et ce en dépit d'une main d'œuvre majoritairement allouée au secteur de l'agriculture. Dans les affaires internes, l’Iran s’est endetté, grâce à l’importation d’une grande partie de son alimentation. Malgré ces importations, la campagne iranienne se retrouve en péril économique, nourrissant une immigration vers les grandes villes, notamment Téhéran et Ispahan. En réponse, pendant les années 90, le régime islamique se focalise sur l'intégration de l’économie iranienne avec le reste du Moyen-Orient et l’amélioration de ses services publics. Ce qui est important à noter, c’est non seulement la croissance économique de l’Iran durant cette période, mais aussi sa croissance démographique

 Simultanément, l’Iran souffre des sanctions économiques imposées par l’Ouest, en grande partie liées aux désaccords idéologiques du Royaume-Uni et des États-Unis avec l’Iran. En 1996, les États-Unis ont passé l’Acte Des Sanctions sur le Liban et l’Iran, ce qui a empêché les entreprises américaines d'engager des relations économiques avec l’Iran d’une valeur d’au-delà $20 millions par an, limitant les opportunités de contrats avec les conglomérats Américains et mondiaux. Cela pousse l’Iran à se focaliser sur son intégration au sein du Moyen Orient et avec l’Est, en place de relation avec l’occident.

 En somme, la présidence de Rafsandjani s’érige en tant que représentation d’un espoir de réforme, qui passe par des tentatives de modernisation de l'économie iranienne. Cependant, elle rappelle également les contradictions internes du régime islamique, de la répulsion d’évoluer malgré la nécessité de se réformer, au sabotage de sa main d'œuvre, pourtant dynamique.

Entre 1997 et 2005, sous la présidence de Mohammad Khatami, l’Iran n'est, malgré ses efforts, parvenue ni à diversifier son économie, ni à contrôler son immense inflation, qui s'élève à près de 20% par an. Durant cette période, le pays tente des réformes politiques et économiques, affaiblies par les rigidités structurelles du régime islamique. Le gouvernement s’engage dans des subventions massives et des tentatives de contrôle de sa monnaie pour prendre en main l’inflation massive. Malheureusement, ces réformes sont limitées et l’économie iranienne reste dépendante de ses hydrocarbures. Au-delà de la stagnation des réformes économiques, les tensions internes, qui prennent la forme de manifestations étudiantes contre la censure des médias et en opposition au phénomène de disparition de journalistes indépendants ; ont ralenti les dynamiques de modernisation dans le pays, avec une croissance du PIB réel d’environ 4% chaque année entre 1997 et 2005.

 S'il a été constaté l'échec des réformes ayant pour but de contrôler davantage l'économie iranienne par l'état, Khatami adopte la stratégie inverse, en laissant le jeu du marché se mettre en place. Un jeu qui s'enraye face aux bonyads, qui jouissent des avantages de la loi du marché en occupant une place de monopole, tout en ne respectant pas les règles de libre concurrence. Des intentions cristallisées par l’acte : Foreign Investment Promotion and Protection Act, adoptée en 2002 (Vlcek, 2008). Étant liées aux Gardiens de la Révolution (IRGC), l’acteur principal dans l’établissement du régime islamique, les bonyads tenaient un rôle quasiment monopole dans le marché iranien. A cause de cela, ils ont résisté à toute forme de réformes visant à générer des marchés compétitifs, limitant en même temps l'innovation des entreprises grâce aux mécanismes de la concurrence. Simultanément, l’absence d’indépendance de la Banque centrale iranienne a alimenté une inflation persistante, remettant en cause l'efficacité du gouvernement et l'adaptabilité de l’économie. Celle-ci a pourtant bénéficié de subventions généralisées. Ainsi, malgré des efforts de diversification, où l’Etat essaie de s’ouvrir à des règles du marché, limités par les jeux de pouvoirs entre factions qui enrayent la mécanique, l’économie iranienne est restée dépendante de ses hydrocarbures, qui représentent 70% de ses exportations. Tandis que le PIB s’est accru de 4%, l’Iran souffre pourtant d’une autre réalité : une productivité faible, et un manque de travail qui pénalise une main d'œuvre jeune, et plus qualifiée qu’avant (Salehi-Isfahani, 2006).

 Les années de 2005 à 2013 ont été marquées par une politique de populisme sous Mahmoud Ahmadinejad, où l’État adopta une politique budgétaire expansionniste, revenant sur les tentatives de Khatami de simuler le secteur privé, oú l’Etat dépense plus qu’avant grâce aux revenus de l’industrie du pétrole. En 2010, l’Iran lance ainsi la Réforme des Subventions Ciblées, ce qui entraîne une suppression progressive des subventions énergétiques qu’imposait auparavant l’Iran. l’Iran s’est ainsi illustré comme le premier pays à production d'énergie massive ayant coupé ses subventions énergétiques, les remplaçant avec des transferts monétaires aux ménages. Une mesure à double-tranchant, puisque le PIB augmente, tout comme l’inflation et la dépendance à l’État-providence. En général, ces réformes ont par conséquent mené à un mécontentement sociétal, envers le gouvernement et le régime islamique. Pourtant, le PIB iranien augmente chaque année jusqu’en 2012, où il tombe de $235 milliards ($417 milliards à $395 milliards). Une chute drastique, qui peut être attribuée à la hausse des sanctions contre l’Iran par l’administration du président Obama. De manière analogue, l’inflation atteint un pic de 36,6% en 2013, le plus haut depuis le début des estimations de l’inflation iranienne par le World Bank Group en 2006. l’Iran a notamment souffert de l’embargo pétrolier mis en place par l’Union européenne, et des sanctions américaines, qui ont renforcé l’exclusion de l’Iran du système global.

Ainsi, la présidence d’Ahmadinejad sert d’illustration des contradictions fondamentales de l’économie iranienne, qui tente d’augmenter la croissance économique à court terme, à travers une augmentation du pouvoir d’achat des familles les plus pauvres en Iran ; et ce, tout en construisant des vulnérabilités sur le long terme. Les transferts ont ainsi rapidement augmenté l’inflation, annulant une grande partie des gains économiques. Suivant l’année 2012, le rial a perdu la moitié de sa valeur sur le marché international, portant un coup de plus à l'économie iranienne.

Jusqu'à l’année 2015, le régime islamique a constamment fait face à des difficultés économiques, en grande partie à cause de ses relations avec les États-Unis et l’Ouest en général. Heureusement pour l’Iran, la situation a changé en 2015, avec l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien. Celui-ci a permis d’alléger les tensions politiques avec les États-Unis, et par conséquent les contraintes et sanctions sur l’Iran. Cette désescalade a mené à une forte augmentation des investissements étrangers. Grâce à l’accord sur le nucléaire, le PIB de l’Iran augmenta de $48 milliards en l'espace de 2 ans (2015 à 2017, de $409 milliards à $457 milliards). Cependant, seulement un an après l'arrivée de Donald Trump au pouvoir aux États-Unis, et trois ans après la mise en place de l’accord, les États-Unis s’en sont retirés, revitalisant les tensions économiques entre les deux pays et réactivant les sanctions contre l’Iran. En conséquence, le PIB de l’Iran chuta pendant les deux années consécutives, baissant de $457 milliards en 2017 jusqu’à $435 milliards en 2019, une des récessions économiques les plus importantes de l’histoire de l’Iran.

En combinaison avec l'arrivée du Covid, l’année 2020 a posé beaucoup de problèmes pour l’Iran. Depuis 2018, le pays se retrouve “victime” de la politique de “maximum pressure” (pression maximale) lancée par Washington sous les mandats de Trump et de Biden, entraînant une asphyxie économique, sous la forme d’une incapacité d’interaction avec le système financier international et de limitations des exportations pétrolières. L’Iran s’est tourné vers la Chine, la Russie, la Turquie et l'Irak, permettant une récupération partielle de son économie depuis 2020. Pour illustrer l’état de l’économie iranienne depuis 2020, le tableau suivant a été construit en utilisant les datas de la World Bank:

Ces statistiques démontrent que, depuis 2020, le PIB de l’Iran, malgré la persistance des sanctions économiques par l'Ouest, s’est accru d’environ 3% chaque année. Cependant, l’inflation est restée très élevée dans les 5 dernières années, démontrant la pression qu’applique les sanctions sur l’économie iranienne, impliquant que sa croissance actuelle est un symptôme de survie au lieu de succès. À partir de 2021, l'économie iranienne avait réussi à démontrer sa résilience, soutenue par un commerce bilatéral avec la Chine, la Russie, la Turquie et l’Irak à travers des mécanismes de contournement financier (Bery, 2022). Enfin, la croissance de 4% depuis 2020 peut être attribuée au contournement des sanctions imposées par l’Ouest, démontrant la résistance de l’Iran envers la politique des sanctions. Néanmoins, elle masque des fragilités déjà mentionnées, avec une inflation qui est restée au-delà de 30% et une dépréciation persistante du rial, contribuant à la stagnation des salaires réels des employés iraniens. En conséquence, les tensions sociales se sont intensifiées, éclatant au grand jour via les par les manifestations entre 2019 et 2022, incluant le mouvement Femme, Vie, Liberté en 2022, l’augmentation du chômage de plus de 25%, et la perception de l’État fut celle d’un organe infecté par une corruption endémique (Harris et Esfandiari, 2023).

Aujourd’hui, la situation en Iran est plus difficile que jamais, avec une inflation élevée, affectant fortement les salaires réels des citoyens iraniens, contribuant au mécontentement de la société iranienne. Téhéran a navigué entre ces tensions en dépendant sur sa production d’hydrocarbures et sur ses liens avec le moyen orient, notamment avec le régime d’Assad en Syrie (jusqu’à décembre 2024), mais aussi la Chine, la Russie, et l’Irak. Maintenant, avec une escalade de tensions géopolitiques, la chute du régime Assad en Syrie, et le retour de la politique de Trump, l’Iran fait face à un climat politique turbulent pour le bien-être de son économie et de sa population. Au sein du pays, le chômage reste un problème inquiétant, et les mouvements pour les réformes gouvernementales et économiques persistent. Cependant, durant ces décennies, l’Iran aura prouvé qu’elle était résiliente et pouvait se soutenir durant des périodes d’autarcie vis-à-vis des marchés internationaux, en se privant d'alternatives séduisantes à l'Ouest et aux États-Unis. Certaines mesures sociales ont été efficaces pour amortir les chocs des sanctions sur la société, notamment les transferts d’argent pour pallier la suppression des subventions.

Dans l’avenir, l’économie iranienne va devoir trouver des moyens de stabiliser le rial, et d’envisager le contrôle de son inflation et la stabilisation du chômage. L’avenir dépendra fortement de la capacité du régime islamique à maintenir et à étendre ses relations envers l’Asie et ses voisins, pour s’ouvrir à plus de marchés. Récemment, l’Iran fait face à de nombreuses manifestations en réaction à la perte de la valeur de la monnaie, mais illustrant aussi des tensions politiques sous-jacentes entre le régime et son peuple. Cela a mené à une forte répression de la part des mollahs, menant à un arrêt complet de la société, notamment la coupure de l’internet. Dans ce nouveau climat d’insurrection en Iran, l’avenir du régime islamique est remis en question, plus particulièrement son fondement islamique.

Ainsi, l’évolution de l’économie iranienne depuis 1979 révèle la formation d’un système économique profondément marqué par une combinaison de chocs externes, de contraintes internes, et d’une persistance de l’importance accordée aux hydrocarbures pour la survie socio-économique. Malgré ces difficultés, l’Iran a su démontrer une résilience économique et sociétale grâce à la puissance de son industrie d’hydrocarbures, la force de sa main-d’œuvre, l’utilisation de son l’économie informelle pour contourner les sanctions, et son déplacement vers d’autre pays pour l'accès à des marchés bilatéraux. Cependant, l’économie iranienne n’est pas sans défauts, loin s’en faut. L’inflation structurelle persiste, s'élevant régulièrement au-delà de 30%, tandis que le rial continue à perdre de la valeur et à fluctuer. Le pays manque cruellement d'une économie diversifiée et le chômage reste élevé. Tout de même, grâce à la levée partielle des sanctions, comme dans le cas du JCPOA donnant à voir une augmentation du PIB, l’Iran a démontré son potentiel pour devenir une puissance économique, elle doit cependant composer avec les tensions.

Dans un contexte géopolitique instable, avec des incertitudes en Syrie et en Irak, et la montée des tensions avec Israël, l’Iran se retrouve face à une période importante pour son avenir économique. Certes, elle détient le potentiel de devenir une puissance économique influente, grâce à sa jeune population, sa position stratégique en Asie, ses ressources en hydrocarbures, et son adaptabilité aux pressions externes et internes ; mais elle souffre toujours de l’inflation, des incertitudes économiques et géopolitiques, et des tensions politiques entre le régime, la classe universitaire et la population libérale. 

En conséquence, il est possible d'évaluer que l’histoire de l’économie iranienne n’est ni celle d’une chute prévisible, ni celle d’un succès inattendu. Au lieu de ces deux perspectives, la réalité démontre que l’histoire de l’Iran est celle d’une économie résistante. Ainsi, son avenir dépendra moins de sa capacité à survivre comme elle l’a fait pendant ces décennies que de sa capacité à dépasser les limites structurelles. Celles de des institutions en position de monopole et des pressions géopolitiques sur le régime islamique.

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